Il y a 60 ans, l’Opération Overlord Le 06/06/2004, par Yakari


Il y a 60 ans, à cette heure précise débutait l’Opération Overlord, connu aujourd’hui également sous l’appellation D-Day ou « Jour le plus long » (encore que cette dernière appellation doit beaucoup au film culte du même nom qui retrace cette fameuse journée).



Il y a donc 60 ans, le monde va vivre la journée du 6 juin avec ses pensées, tournées vers les côtes normandes. La plus grande offensive militaire de l’histoire est crucial, un échec et ça en sera fini des chances de libérer l’Europe du joug nazi.



Afin de réussir, des soldats de 8 nationalités (pour l’époque) sont engagés cote à cote : Belgique, Canada, Etats-Uni, France, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni. Le but, libérer la France pour pouvoir ensuite pressez le IIIe Reich à l’ouest, pendant que les russes qui en 1944 ont commencé à reprendre du terrain font le boulot à l’est et étouffer Hitler et ses forces. 173 000 hommes participent aux débarquements en Normandie avec 7500 navires et 12700 avions de toutes sortes sans compter les 20 000 véhicules routiers (chars, jeeps) qui auront leur utilité plus tard, une fois le débarquement réussi.



Ajoutez à cela la résistance française tenu au courant de l’avancée des opérations depuis des mois par la BBC à travers des messages codés (par exemple le plus connu est un ver de Verlaine « Les sanglots longs des violons de l'automne bercent mon cœur d'une langueur monotone ») spécifiques pour chaque groupe. Les résistants mirent à mal les moyens de communication des allemands en détruisant voix ferrées (3040 km au total) et lignes électriques lors du débarquement et surtout jouèrent un rôle clé dans la désinformation sur le lieu même du débarquement des mois avant (opération Fortitude).



Peu après minuit, des milliers de soldats anglais et américains furent parachutés derrière les plages du débarquement avec des objectifs précis : Tenir ou détruire les ponts de l’Orne et de la Dive pour les paras anglais, prendre les premières cités (comme Sainte-Mère l’Eglise ou Carentan) et bloquer les renforts allemands pour les paras américains. Afin de les aider dans leur tâche, il avait été largué des poupées habillaient en paras, un peu partout sur la Normandie. Ces jouets avaient la particularité de faire les mêmes bruits que les fusils des paras lorsqu’ils touchaient le sol et même de jurer en anglais.



C’est peu après 6 heures du matin que les premiers soldats allemands en stationnement dans les blockhaus du Mur de l’Atlantique (dispositif militaire de défense du littoral de Rommel afin de repousser le débarquement où qu’il puisse se passer du Nord jusqu’au Cotentin) virent apparaître en face d’eux, sur l’océan, toute l’armada navale, qui selon leurs cellules d’informations : « les alliés ne possédaient pas ».



Le secteur du débarquement était divisé en 5 secteurs. Les troupes américaines débarquèrent sur les secteurs d’Utah et d’Omaha, les autres soldats ainsi que les 177 soldats du Commando Kieffer (seuls représentants français) débarquèrent sur les 3 autres secteurs : Gold, Juno et Sword.



Reste que malgré tout cela, les alliés étaient loin d’être encore vainqueur, car il leur fallait traverser les plages sous les tirs des MG-42 allemandes, des bombardements de l’aviation navale et des mines placées sur les plages. Dès leur descente des embarcations d’assauts, les soldats étaient mitraillés. Beaucoup ne quittèrent même jamais vivant leurs embarcations. La plupart des divisions avaient quand même avancé quand les 9 heures du matin pointèrent leur nez. La plage d’Omaha fût la plus dure à prendre pour diverses raisons (soutien de l’aviation et de la marine peu efficace, exercice anti-évasion prévu coté allemand pour cette nuit là, …).



Ce 6 juin au soir, il y a 60 ans, les troupes allemandes s’étaient bien battu mais avaient laissé leur adversaire mettre un pied sur le continent et que désormais la défaite semblait se profiler. Un soldat allemand, témoin du débarquement déclara même : « Nous avions beau avoir vingt ans et afficher l'insouciance de notre âge, nous savions tous que la fin approchait. Dans la soirée du 6 juin, il était devenu clair que les envahisseurs avaient pu mettre pied sur les plages de la lointaine Normandie, que le "Mur de l'Atlantique" n'avait pas tenu ses promesses. »



Ce 6 juin, il y a 60 ans, des soldats de tout horizons se sont battus et sont morts (du coté alliés on dénombra 3000 tués sur les plages ainsi que 6000 blessés ou prisonniers) pour des successions d’erreurs commises par les différents gouvernements qui n’avaient pas retenus les leçons de 1870 et de la Première Guerre Mondiale. Si demain, dirigeants allemands, français, anglais ou américains, commémoreront le 60e anniversaire de ce jour sanglant, c’est pour que jamais, personne ne soit obligé de refaire un tel massacre afin que le plus possible puissent connaître le sens du mot « liberté ». C’est pour cela que ce jour rend hommage aux soldats des deux camps, car les soldats allemands n’étaient pas plus mauvais que les soldats alliés, ils suivaient les ordres d’un gouvernement qu’ils n’avaient pas su empêcher d’accéder au pouvoir tout comme leur homologues anglais, américains ou français n’ont pas su contrer à l’époque ou cela était encore possible.

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